CHARLIE, au Pays de Condé aussi

Jeudi 8 janvier, journée particulière au lycée du Pays de Condé, marquée par l’émotion et l’incompréhension.

Étrange atmosphère au lycée du Pays de Condé, ce jeudi, entre torpeur et fébrilité.

Des visages perplexes, des silences, et beaucoup d’interrogation dans les yeux. Et surtout un fort besoin d’en parler… Le sanglant attentat de la veille contre l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo n’a laissé personne indifférent. Dans les classes, les cours de maths, d’anglais ou d’électrotechnique ont laissé place à des échanges ; les enseignants se sont fait éducateurs civiques pour entrer dans la discussion avec leurs élèves. Un moment pas toujours facile à gérer : comment aborder des thèmes comme la démocratie, la laïcité, la tolérance quand les émotions des uns et des autres sont exacerbées par la violence des événements ?

« République », « liberté d’expression », « vivre ensemble », « refuser la barbarie » : par quelques mots prononcés par M. le Proviseur, les élèves et l’ensemble des personnels ont été invités à se retrouver à 11h45 dans le hall de l’établissement pour une minute de silence. « Je suis Charlie » disaient quelques affiches ou des étiquettes collées sur le cœur, quelques bougies déposées dans la cour d’honneur.

C’était sans compter sur les nouveaux drames qui se jouaient à Paris. Les yeux rivés sur les téléphones portables, nombreux étaient ceux que l’actualité faisait réagir, comme des caricatures étaient au centre des discussions -celles de la Discorde et aussi celles mises en ligne sur les réseaux sociaux pour attiser les haines et les rancœurs…
Information, intoxication ? Çà et là dans les couloirs les discussions sont allées bon train ; des témoignages et parfois de véritables cris du cœur : « non aux amalgames », « tous les musulmans ne sont pas des terroristes ».

Et chacun de sentir que la cruauté du monde est le reflet de sa tragique complexité.
Catherine LAUG, enseignante

EmotionHommage des étudiants